Chapitre 26 : Changement de carrière.

    Chi Cheng n’avait passé qu'un mois dans le service de la municipale, avant que son père ne le force à entrer au département de la police nationale. La raison était simple Zhong Wenyu avait appris qu'un vendeur ambulant avait jeté du congee sur Chi Cheng, et elle avait le cœur tellement brisé qu’elle n’arrêtait pas de pleurer. Ces derniers temps elle n'arrêtait pas de harceler Chi Yuanduan, lui disant que le travail d'agent de la municipale était épuisant, et avait mauvaise réputation, et qu'elle ne voulait pas que son fils y travaille. Chi Yuanduan ne pouvant résister à ses supplications incessantes, avait fini par céder.

 

    Ce jour-là Chi Cheng fut rappelé à la maison, Chi Yuanduan voulait lui parler.

 

    "J'ai demandé à quelqu'un de s'occuper de tes serpents, si tu veux les revoir, tu ferais mieux de ne pas quitter ton travail. Je ne me suis jamais mêlé de tes loisirs, depuis ton enfance, et je n'ai rien contre le fait que tu possèdes des serpents, mais tu ne peux considérer cela que comme un hobby. Je me fiche de l'argent que tu gagnes grâce aux combats de serpents, un vrai travail est bien plus important. De plus, j'ai déjà réservé ton banquet de mariage, pour l'année prochaine à la même période, je te donne un an, si tu n'as pas de petite amie d'ici là, tu épouseras celle que j’aurai choisi pour toi."

 

    "D'accord, à condition qu'elle n'ait pas peur des serpents." Répondit Chi Cheng.

 

    Chi Yuanduan s'inquiéta, "Tu es vraiment obligé de le garder avec toi ?"

 

    Chi Cheng posa sa grande main musclée sur le corps de xiao cubao, et le caressa doucement, son affection étant indéniable.

 

    Zhong Wenyu qui se tenait à proximité, conseilla à Chi Yuanduan, Notre fils n'a pas de petite amie pour le moment, il n'écoutera rien de ce que tu dis. Une fois qu'il aura une petite amie, et qu'il aura appris à se soucier des autres, il comprendra naturellement ce qui est important.

 

    Avant de partir, Chi Yuanduan interrogea de nouveau Chi Cheng.

 

    "Le fils du dénommé Wang est paralysé des jambes, est-ce que cela a un lien avec toi ?"

 

    Wang Jiacun le père de Wang Zhenlong, était originaire du Shanxi, il s'était ensuite installé à Pékin pour faire des affaires, mais ses maigres revenus ne suffisaient pas à subvenir aux besoins de son fils. Chi Yuanduan connaissait cet homme, car deux ans auparavant Wang Jiacun avait demandé un service à l'un de ses subordonnés, et Chi Yuanduan se souvenait vaguement de lui. Lors de l'accident de Wang Zhenlong, Chi Cheng se trouvait sur les lieux, et bien que diverses enquêtes aient démontrées que l'accident de voiture n'était pas lié à Chi Cheng, Chi Yuanduan craignait toujours qu'il en soit l’auteur.

 

    Chi Cheng répondit d'un ton indifférent, "Je ne connais personne du nom de Wang."

 

    "Tant mieux."

 

    À l'approche de la fin d'année, les primes, et les enveloppes rouges affluaient, ce qui signifiait aussi une période propice pour les vols. Le commissariat avait mis en place une brigade "anti pickpockets", composée d'une centaine d'agents en civil patrouillants les rues à la recherche des voleurs, ce qui avait permis d’effectuer d'innombrables arrestations chaque jour. Chi Cheng avait rejoint cette brigade quelques jours seulement, après son arrivée au commissariat.

 

    Au départ personne ne considérait Chi Cheng comme un membre clé de l'équipe, après tout c’était le fils d'un haut fonctionnaire, issu d'une famille influente et prestigieuse, ils n’avaient pas besoin de ses exploits pour obtenir une promotion ou faire fortune, tant qu'il ne causait pas de problèmes ses supérieurs étaient tranquilles. Qui aurait cru qu'il sortirait tranquillement, et reviendrait avec plus d'une douzaine de voleurs en moins d'une demi-journée, le temps passé avec ses animaux, avait aiguisé l'œil de Chi Cheng, il pouvait distinguer un voleur d'un innocent, d'un simple coup d'œil.

 

    Les voleurs opéraient en bande organisée, aussi les policiers collaboraient pour les appréhender, après avoir interpellé l'un d'eux plusieurs agents se jetaient sur lui et le plaquaient au sol jusqu'à ce qu'il soit menotté, ce n’était qu'à ce moment-là qu'ils étaient considérés comme arrêtés.

 

    Chi Cheng cependant, agissait toujours seul.

 

    Ce jour-là il se tenait à l'arrêt de bus, son regard nonchalant errant, avant de s'arrêter sur deux jeunes hommes. Les passagers se pressaient dans le bus, et l'un des jeunes hommes bloqua délibérément la porte, provoquant bousculades et cris, l'autre jeune homme profita du chaos, et glissa la main dans la poche du manteau d'une femme…

 

    Au moment où il allait réussir son coup, on lui attrapa le poignet, il se retourna et aperçut un visage souriant.

 

    Ce jour-là dès que le bus démarra, tous les passagers tendirent le cou pour regarder dehors, et les plus timides sentirent leurs jambes flancher. Chi Cheng attrapa un des voleurs par le bras et le fit tournoyer, puis le traîna sur cinq mètres, lui arrachant la moitié de la peau du visage. L’autre voleur était tellement terrifié qu’il s’était pissé dessus, il tenta de s'enfuir, mais Chi Cheng l’attrapa par le col et le projeta contre un panneau publicitaire, lui cassant les deux dents de devant.

 

    ……

 

    Ces deux derniers jours il y avait eu tellement de personnes enrhumées ou fiévreuses, que la clinique était presque pleine à craquer, remplie de patients sous perfusion. Jiang Xiaoshuai s’affairait à faire la navette entre les patients, changeant les perfusions, retirant les aiguilles, prescrivant des médicaments… tout en essayant de faire abstraction des cris des innombrables enfants.

 

    Wu Suowei jouait nonchalamment avec un bouchon de bouteille, exerçant la dextérité de son index et de son majeur.

 

    "Da Wei, passe-moi une seringue."

 

    Après avoir dit cela il se tourna pour prendre le petit flacon de médicament, mais constata que Wu Suowei n'avait pas bougé, toujours absorbé par son jeu avec le bouchon.

 

    "Hé ! Je t'ai dit de me passer une seringue, tu ne m'as pas entendu ?"

 

    Sans même lever les yeux Wu Suowei répondit : "Elle est dans la poche de ta blouse blanche."

 

    Jiang Xiaoshuai tâta sa poche avec un certain scepticisme, et y trouva effectivement une seringue non ouverte, c’était étrange, il n'avait clairement pas vu Wu Suowei se lever, ni remarqué personne mettre quoi que ce soit dans sa poche, alors comment la seringue était-elle arrivée là ?

 

    Wu Suowei afficha un sourire malicieux, il semblait qu’il maîtrisait presque parfaitement la technique.

 

    Après le travail, Jiang Xiaoshuai lui demanda : "Pourquoi joues-tu toujours avec ce bouchon ?"

 

    "Je m'entraîne à rendre ces deux doigts plus agiles." Répondit Wu Suowei en levant la main droite.

 

    Jiang Xiaoshuai ricana, "Tous ces efforts juste pour te masturber."

 

    Wu Suowei extrêmement gêné, asséna un violent coup de poing à Jiang Xiaoshuai dans la poitrine.

 

    "Arrête tes bêtises, je suis sérieux."

 

    Jiang Xiaoshuai plissa légèrement les yeux, "Que se passe-t-il exactement ?"

 

    Wu Suowei murmura à l'oreille de Jiang Xiaoshuai : "J'ai récemment commencé mon apprentissage chez un maître artisan, il est incroyablement doué, et forme de nombreux apprentis, dans ce domaine. Nous apprendrons le métier auprès de lui, et une fois que nous le maîtriserons nous lui reverserons 20 % des bénéfices."

 

    Jiang Xiaoshuai comprit immédiatement, et protesta aussitôt.

 

    "Il ne faut jamais voler ! !"

 

    "Quel est le problème ?" Rétorqua Wu Suowei d'un ton méprisant, "Tout le monde vole, utiliser l'argent des contribuables pour rembourser des fonds publics n'est-ce pas du vol ? Être une maîtresse n'est-ce pas voler le mari de quelqu'un d'autre ? N'as-tu jamais acheté de DVD piratés, ou lu de romans piratés ?"

 

    Jiang Xiaoshuai fut complètement décontenancé par l'éloquence de Wu Suowei, il se tourna vers lui, mais ce dernier resta imperturbable.

 

    "Tu as vraiment surpassé ton maître, même mon manque de moralité n'atteint pas ton niveau."

 

    "Je vole les riches pour aider les pauvres." Affirma-t-il avec assurance.

 

    Jiang Xiaoshuai ricana, "Qui as-tu aidé ? Pourquoi je n'ai rien vu ?"

 

    "Moi !" Wu Suowei se tapota la poitrine, "Ne suis-je pas une personne pauvre ? J'y ai réfléchi, je ne volerai pas les gens ordinaires, ni les travailleurs migrants, je ne volerai que les personnes immorales. Comme ceux qui doublent dans les files d'attente, ceux qui fraudent dans les transports en commun, ceux qui se comportent de manière indécente en public, ceux qui agressent les femmes…"

 

    "Tsk tsk…" Jiang Xiaoshuai haussa un sourcil, "Tu parles comme si tu agissais pour le bien du monde."

 

    Wu Suowei semblait prendre tout cela à la légère, mais en réalité il avait longuement hésité avant de prendre cette décision. Lui non plus ne voulait pas faire ce travail, mais c'était la fin de l'année, tout le monde avait touché sa prime de fin d’année, et sa mère ignorait encore qu'il avait démissionné. Les colporteurs gagnaient honnêtement leur vie, pourtant ils étaient constamment surveillés et vivaient comme des rats dans la rue. De plus cet agent de la municipale chauve le connaissait déjà, il ne pouvait absolument pas continuer ce travail qui l'obligeait à se montrer en public.

 

    "J'ai entendu dire qu'il y avait une opération de répression contre les vols dans le coin récemment, de nombreux policiers patrouillent dans les rues pour attraper les voleurs." Lui rappela Jiang Xiaoshuai.

 

    "Ne t'inquiète pas." Dit Wu Suowei en tapotant l'épaule de Jiang Xiaoshuai, "Je travaille de nuit, ils n'auront pas l'énergie de me tenir compagnie."

 

    Jiang Xiaoshuai donna un dernier conseil, "Sache t'arrêter à temps, ne t'éternise pas."

 

    "Compris."

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Commentaires

Mimoune
il y a 18 jours

Pareil 😂

Cherry cake
il y a 22 jours

Je le sens gros 🤣🤣
Merci pour ce nouveau chapitre 🙏🏻