Chapitre 19 : Violences policières.
À 19 heures, Chi Cheng prit la route dans une voiture de patrouille.
C'était son premier jour de travail, et il était censé faire respecter la loi pendant la journée, cependant à son arrivée, plusieurs hauts fonctionnaires du bureau l'invitèrent à tour de rôle à prendre le thé dans leurs bureaux. Après que le chef ait suffisamment plaisanté, ses collègues l'abordèrent impatients de se rapprocher de lui, avant même qu'il ne se présente, ils savaient déjà que son père était le secrétaire général du comité municipal du parti, et que son troisième oncle était le directeur du bureau d'application de la loi de la police municipale, ils se demandaient pourquoi il s'était abaissé a accepté ce poste et lui posèrent toutes sortes de questions.
Le service était déjà terminé, mais lorsque Chi Cheng annonça qu'il allait sortir pour faire respecter la loi, le capitaine posa aussitôt son sac, et l'accompagna dans le véhicule.
Il faisait déjà nuit noire, et une fine couche de brouillard couvrait le pare-brise, tamisant les lumières vives. Les rues grouillaient d'activité, l'enthousiasme des vendeurs ne diminuait pas malgré le froid, leurs cris résonnaient sans cesse, et les parfums se mélangeaient et s’infiltraient à travers les interstices de la voiture.
Wu Suowei se trouvait dans cette rue, à sa gauche se trouvait un vieil homme vendant des patates douces rôties, et à sa droite un da gē vendant des chaussures.
"Hé !" Wu Suowei salua le da gē à côté de lui, "Depuis combien de temps travaillez-vous ici ?"
Le da gē s'accroupit et fuma, puis répondit calmement, "Plus de deux ans."
"Avez-vous déjà été arrêté par la police municipale ?" Demanda à nouveau Wu Suowei.
Le da gē sourit, "Jamais."
Wu Suowei était impressionné, "Comment avez-vous fait ?"
Après une longue attente sans réponse, le vieil homme assis à côté de lui prit finalement la parole.
"Parce que c'est un agent de la municipale."
Les grands yeux de Wu Suowei brillèrent dans l'obscurité.
"Je travaille comme agent de la municipale le jour, et je viens ici pour tenir un stand de rue après le travail le soir, je n'ai pas le choix, j'ai deux enfants à la maison, et je ne peux pas subvenir à leurs besoins avec ce maigre salaire."
Wu Suowei fit claquer ses lèvres, apparemment ce n'était facile pour personne.
"Alors si je te suis, je ne me ferai pas arrêter par la police municipale ?"
Le da gē cracha, et parla avec beaucoup d’assurance.
"On peut dire ça."
Mais juste au moment, où il avait fini de parler, la lumière d'un gyrophare s'alluma à proximité, l'expression du da gē changea soudain, il rangea rapidement ses chaussures, et évacua la zone dans la direction opposée, accompagné de plusieurs autres vendeurs.
Wu Suowei hésitait à battre en retraite, lorsqu'il remarqua que le vieil homme qui se tenait fermement à ses côtés, n'avait aucune intention de fermer son étal.
"Pourquoi vous ne courez pas ?"
Le vieil homme désigna avec assurance l'homme costaud qui vendait des pastèques à proximité, il mesurait plus d'un mètre quatre-vingt, était corpulent, et avait des tatouages sur les bras, il avait l'air de quelqu'un qu'il ne fallait pas embêter.
"Ce type s'appelle Heizi, il nous protège toujours, même les plus jeunes agents de la municipale n'osent pas s'en prendre à lui, il peut facilement affronter trois personnes !"
À peine avait-il fini de parler, que la voiture de la police municipale s'arrêta devant le stand de Heizi, et deux agents en descendirent.
Le vieil homme désigna le capitaine à côté de Chi Cheng, "Ce type est le pire de tous ! Il frappe toujours les gens, il a tabassé Li San'er le vendeur de fruits secs de l'autre côté de la rue une fois, et lui a cassé le bras."
Il faisait trop sombre, et Wu Suowei ne voyait pas clairement à qui le vieil homme faisait référence.
Les deux agents de la municipale s'approchèrent du stand de Heizi, et échangèrent quelques mots, avant qu'une dispute n'éclate. Le capitaine poussa d'abord Heizi, qui riposta aussitôt d'un coup de poing, Wu Suowei s'apprêtait à dire quelque chose pour soulagé sa colère, lorsque l'homme à côté du capitaine leva le pied, et frappa violemment Heizi. Le soi-disant homme costaud capable d'affronter trois personnes d'une seule main, fut projeté par le coup de pied, et atterrit sur le stand de pastèques derrière lui, les pastèques explosèrent, se dispersant sur le sol comme de la pulpe de cervelle sanglante.
Des cris de surprise retentirent aux alentours, et le vieil homme s'enfuit précipitamment poussant son chariot de patates douces rôties.
Wu Suowei ne put distinguer le visage de Chi Cheng, il vit seulement Heizi tomber à terre et ne jamais se relever.
Tous les vendeurs avaient fui, la rue avait été entièrement vidée, seul Wu Suowei restait à son poste.
Bientôt, les deux agents de la municipale s'approchèrent de Wu Suowei.
Chi Cheng jeta un coup d'œil à Wu Suowei, qui portait un chapeau, dont le bord était baissé, masquant son visage, seules sa mâchoire saillante et ses lèvres fermes étaient visibles. Une cigarette pendait au coin de sa bouche, et même enveloppé dans l'obscurité par deux silhouettes, il restait impassible.
Fumer, aidait Wu Suowei à se calmer un peu.
Le capitaine prit la parole le premier.
"Qu'est-ce que tu attends pour courir ?"
"Hé, t'es mort de trouille ?"
"Idiot, c'est à toi que je parle !"
"Tu as besoin de quelques coups avant d'aller mieux n'est-ce pas ?"
"..."
Le capitaine continua à bafouiller, mais Wu Suowei resta silencieux, il releva finalement la tête, et croisa le regard glacial de Chi Cheng. Puis il se retourna... prit lentement le seau de congee... se retourna à nouveau... et regarda le tricycle non loin...
Tout ce que Chi Cheng pouvait voir était une paire d'yeux sombres, étrangement brillants.
Wu Suowei se retourna brusquement, et renversa le seau de congee sur Chi Cheng.
......
Le silence se fit dans la rue.
Le capitaine sentit des rafales de vent froid lui piquer l'échine.
Wu Suowei pensait que Chi Cheng allait esquiver, mais il resta si immobile, que lorsqu'il déversa le seau de congee, il recouvrit la moitié de son corps. Cours ! Si tu ne cours pas tu vas mourir ! Wu Suowei courut vers l'Ouest, abandonnant son tricycle et son seau de congee.
Le capitaine réagit promptement et le poursuivit, puis bloqua Wu Suowei à l'intersection.
Une brique se trouvait sous les pieds de Wu Suowei, il la ramassa, la frappa violemment contre son front, et elle se brisa !
"Allez ! Viens, si tu as du cran !"
Le capitaine était abasourdi.
Wu Suowei se frappa de nouveau le front, le défiant à nouveau, "Pourquoi ne vous battez-vous plus ? Allez ! Vous n'allez pas faire respecter la loi par la violence ?"
Les jambes du capitaine faiblirent.
Chi Cheng fondit soudain sur lui, et Wu Suowei sentit une aura puissante, comme un nuage noir qui balayait le ciel, changeant instantanément le temps. Il lança la brique et s'enfuit, puis courut tellement vite ! Des étincelles jaillirent sous ses pieds !
Chi Cheng était couvert de congee, collant, ses mains et ses pieds manquaient de souplesse, alors il abandonna la poursuite.
Ses yeux étaient fixés sur la petite silhouette sombre qui se balançait au loin, Il vaut mieux pour toi que je ne t'attrape pas !
......
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Commentaires
Effectivement pas facile, mais trop de bares 🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣🤣