Chapitre 30 : Séduction.

    Grâce aux congés annuels accordés par son entreprise, Chi Cheng avait du temps libre, et le passait la plupart du temps en boîte de nuit.

 

    Ce jour-là il tomba sur un ancien camarade de lycée, nommé Fang Xin, ils étaient très proches à l'époque, mais Fang Xin était parti à l'étranger, et ils avaient perdus contact depuis des années. Ce n’était que ce jour-là que Chi Cheng avait appris, que Fang Xin travaillait au service de la circulation, les deux anciens camarades qui ne s'étaient pas revus depuis des années se retrouvèrent à boire un verre, et à se remémorer le passé.

 

    "Pourquoi ton père t'a-t-il affecté à un service de terrain ? C'est dur et épuisant, avec des heures supplémentaires à n'en plus finir…" Demanda Fang Xin.

 

    Chi Cheng répondit nonchalamment, "Parce que je ne suis pas plaisant pour l’œil."

 

    "Hé… au fait ! Où est xiao Yu maintenant ? J'ai entendu dire que vous étiez toujours très proches."

 

    En évoquant Guo Chengyu, les pupilles de Chi Cheng s'assombrirent brusquement, la lumière était tamisée dans la salle privée, et Fang Xin insensible à l'atmosphère étrange, continua à divaguer en se remémorant le passé.

 

    "Je me souviens qu'au lycée, xiao Yu et toi étiez inséparables, vous sortiez même avec des jumeaux, jouant à tour de rôle avec eux, sans jamais faire de distinction entre le tien et le mien. Plus tard Wang Shuo a été transféré dans notre lycée, et il a commencé à traîner avec vous. Wang Shuo n'était pas quelqu’un de bavard, il adorait jouer avec les serpents, et en ramenait souvent à l'école qu’il cachait dans ses manches. D'ailleurs, où est passé Wang Shuo ? Je ne l'ai jamais revu, depuis la fin du lycée..."

 

    Le regard de Chi Cheng était sombre et menaçant, comme s'il allait lacérer le visage de Fang Xin.

 

    "C’est bien d’être agent de la circulation ?" Demanda Chi Cheng.

 

    La gorge de Fang Xin se serra sans raison apparente, "Ça n’a rien de spécial."

 

    "Je te tiendrai compagnie après le Nouvel An."

 

    Sur ces mots, Chi Cheng empoigna violemment Fang Xin par la nuque, et sortit à grandes enjambées de la salle privée.

 

    Fang Xin eut l'impression que sa nuque était brisée, il lui fallut un long moment pour relever la tête.

 

    Chi Cheng sortit de la boîte de nuit, sa silhouette imposante se dressait dans l’embrasure de la porte, il sortit une cigarette, la flamme bleue illumina les traits saillants de son visage. Le vent soufflait fort, alors il protégea la cigarette de sa large main, des étincelles jaillirent du mégot, les muscles de ses joues se contractèrent fortement, tandis qu'une bouffée de fumée s'échappait lentement de ses lèvres charnues.

 

    Yue Yue se tenait en face de lui le fixant intensément, et jura intérieurement, Voilà ça c'est un véritable homme ! Tous ces beaux garçons, et ces beautés glamour sont vraiment pitoyables, j’adore cette barbe de trois jours fine et noire, ce physique musclé, et ces vieux vêtements gris…

 

    Depuis quinze jours elle pensait à lui jour et nuit, de son lit d'hôpital jusqu'au seuil de sa porte, en mangeant, en dormant, elle pensait à lui sans cesse… Yue Yue avait l’impression d’être possédée, jamais elle n'avait eu le coup de foudre pour un homme, et encore moins aussi éperdument amoureuse. Ces derniers jours elle errait dans cette rue, vêtue seulement de bas noirs, bravant le vent glacial du Nord, guettant frénétiquement cet endroit.

 

    Aujourd'hui, elle l'avait enfin vu.

 

    Dès que Chi Cheng alluma sa cigarette, il remarqua Yue Yue.

 

    Après tant d'années à courir les jupons, Chi Cheng savait d'un coup d'œil, qui cherchait à le séduire, et qui voulait coucher avec lui.

 

    Yue Yue se tenait près de la voiture de Chi Cheng, sa petite main semblable à du jade se dirigea vers son oreille, effleura son lobe d'un geste apparemment désinvolte, son regard envoûtant s'attarda sur la silhouette imposante de Chi Cheng.

 

    "Ta blessure est guérie ?" Demanda Chi Cheng.

 

    Yue Yue était ravie, mais elle dissimula sa joie, affichant un sourire séducteur.

 

    "Tu te souviens encore de moi ?"

 

    Le regard profond de Chi Cheng s'attarda un instant, avant qu'il ne réponde brièvement.

 

    Yue Yue glissa sa main dans son décolleté plongeant, et ajusta lentement la bretelle de son soutien-gorge.

 

    "Tu n'as pas froid avec si peu de vêtements ?" Demanda Chi Cheng.

 

    Yue Yue agrippa le poignet de Chi Cheng, ses doigts glacés caressèrent les veines de sa main.

 

    "Bien sûr qu'il fait froid dehors."

 

    Chi Cheng déclara sans ambages à Yue Yue, "Il y a un python dans ma voiture."

 

    Yue Yue frissonna soudain, mais en repensant aux jours passés dans le froid, elle trouva que c’était vraiment dommage, d’abandonner à cause d’un python. Après avoir hésité moins de trois secondes, elle attrapa la main de Chi Cheng et dit : "Moi aussi j'aime les serpents."

 

    Chi Cheng ouvrit la portière arrière, et fit entrer Yue Yue à l'intérieur.

 

    Yue Yue pensait que le python dont Chi Cheng parlait se trouvait dans un terrarium, mais il était enroulé sur la banquette arrière, à peine s'était-elle adossée, qu'un objet froid et rugueux effleura sa peau nue, faisant grimacer Yue Yue.

 

    Chi Cheng conduisait tranquillement à l'avant.

 

    Yue Yue toucha le corps frétillant de xiao cubao de ses mains couvertes de chair de poule, et força un sourire, "Il est trop mignon, je l'adore."

 

    ……

 

    À la clinique, Wu Suowei sortit nu, après avoir pris sa douche, Jiang Xiaoshuai était assis non loin de lui.

 

    "Pardon, j'avais oublié que tu aimais les hommes."

 

    Après avoir dit cela, il retourna précipitamment dans la salle de bain, ses fesses fermes et galbées se balançant au rythme des mouvements de ses hanches.

 

    Jiang Xiaoshuai soupira intérieurement, Tu essaies de m'éviter ou tu tentes délibérément de me séduire ?

 

    Lorsqu’il ressortit, Wu Suowei discuta avec Jiang Xiaoshuai de ses projets d'avenir, il avait définitivement renoncé à ses activités malhonnêtes, après avoir passé quelques jours chez sa vieille mère, la conscience de Wu Suowei s'était réveillée. Il comptait être réaliste, commencer au bas de l'échelle, et travailler dur pendant deux ans, même si cela impliquait de faire des travaux manuels. Une fois qu'il aurait acquis suffisamment d'expérience et fait quelques économies, il envisagerait de créer sa propre entreprise.

 

    "Oh, au fait, tu sais conduire  ?"

 

    Aussitôt, Jiang Xiaoshuai regretta sa question, Wu Suowei était daltonien, comment pouvait-il avoir un permis de conduire ?

 

    À sa grande surprise, Wu Suowei répondit avec enthousiasme : "Oui je sais ! Peux-tu m’aider à trouver un emploi de chauffeur ? Je suis prêt à conduire un taxi, à transporter des marchandises ou faire tout autre travail de ce genre."

 

    "J’en ai un justement, l’usine d’électronique de mon cousin cherche un livreur, il m’a appelé il y a deux jours pour me demander de l’aide…"

 

    "Pourquoi chercher ailleurs ?" Wu Suowei frappa la table du poing, "Je suis là !"

 

    Jiang Xiaoshuai hésita, "As-tu un permis de conduire ?"

 

    "Je conduis très bien même sans permis, je conduisais pour mon oncle qui vendait des pastèques au lycée."

 

    "Et si tu te fais prendre ?" Jiang Xiaoshuai était un peu inquiet, "Tu n'as vraiment pas de chance ces derniers temps, je te conseille de ne prendre aucun risque."

 

    "C'est entièrement la faute de ce type chauve si je n’ai pas de chance ! Sans lui rien de tout ça ne serait arrivé non ? Je n’y crois pas, il serait passé d’agent municipal à policier, pour devenir agent de la circulation, juste parce que je conduis sans permis ? Il se prend vraiment pour le chef des forces de l’ordre ! Il peut être muté où bon lui semble…"

 

    Les paroles de Wu Suowei étaient passionnées, et empreintes d'arrogance, Jiang Xiaoshuai ne voulait vraiment pas freiner son enthousiasme, alors il acquiesça.

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